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Iarba –
jumatate om
Comandantul Bataliei statea la masa acoperita de
mape, cupe, misive,
pene de scris, calimari, harti înfatisând
cetatile Baradulim si Gel Grando,
Ahandin, Zorio, Zorzanelo si altele, o multime, pâna
la Burgas
si Pera si Chonstantinopoli;
statea cufundat si rasfoia, la întâmplare,
capitole dintr-un
manuscris masiv, caligrafiat în scriere de tip
gotic textualis,
dar nu parea sa-l preocupe nici continutul, nici imaginile
anexa.
Si ottusi, starui vadit aspra partii vorbind de câini
“zdraveni si fiorosi, crescuti anume pentru a
fi feroce si muscatori”,
(per ipsum designum demonstratur)
înfatisati în veste din piele de magar sau
de bivol, purtatori de foc
în cupe de arama, si mai ales despre calaretul
încoltit zbatându-se
în capcana armurii de otel, care încearca
sa lupte
cu himere de aer latrator, dar se dezechilibreaza si
cade
neputincios la pamânt.
- E oarecum straniu, îsi spuse Comandantul Bataliei,
totul e reprezentat aici
de parca am lupta (si muri) într-un desert perfect
:
nu tu case în jur, nici picior de cort, nici copac,
nici râu.
Doar prezumtivul urlet al câinilor de luna, sfârtecând
foaia
Innegrita si grea.
Comandantul Bataliei cazu pe gânduri, chiar
daca nu i se paru nimic.
Chiar daca nu i se nazari nici o naluca, având
sase mâini
si-n fiecare mâna câte o torta, o napârca,
o cheie, o perie,
nici bici, un pumnal.
Gândul i se opri (inexplicabil) pentru o clipa
pe beladona
Si se cazni sa-si reaminteasca cum i se mai spune buruienii
ce poate moltiplica viata, care ucide pe loc.
- Cireasa – lupului! Exclama triumfator, dupa
o secunda de ezitare,
Comandantul Bataliei.
Ar mai fi si Doamna-codrului…
Si Iarba-jumatate om.
MÉDÉE ET SES MACHINES DE GUERRE
Traduit du roumain par Marily Le Nir
L’Herbe Empoisonnée
Le Connétable trônait à la table
jonchée de documents, de coupes, de missives,
de plumes, d’encriers, de cartes où figuraient
les forteresses de Baradulim et Bel Grando, d’Ahandin,
Zorio, Zorzanelo et bien d’autres jusqu’à
Burgas
et Pera et Kônstantinoupolis ;
il était là, absorbé, il feuilletait
au hasard les chapitres d’un pesant manuscrit
calligraphié en caractères gotic textualis,
mais rien ne semblait retenir son attention,
ni le texte, ni les illustrations.
Et pourtant il s’attarda ostensiblement sur la
partie parlant des chiens
« robustes et féroces, élevés
exprès pour être sanguinaires et agressifs
»
(per ipsum designum demonstratur)
représentés en gilets de peau d’âne
ou de buffle,et portant sur leut tête le feu dans
des coupes d’airain
et surtout celle où l’on parlait du cavalier
cerné de toutes parts, se débattant
dans le piège de son armure d’acier, essayant
de combattre
ces chimères aboyantes, mais perdant l’équilibre
et tombant
à terre, impuissant.
- Comme c’est étrange – se dit le
Connétable, tout est représenté
ici
comme si nous nous battions (et que nous mourions) dans
un désert absolu :
nulle ombre de maison à la ronde, nulle trace
de tente, d’un arbre, d’un ruisseau.
C’est tout juste si l’on présume
les chiens aboyant à la lune, hurlement déchiquetant
la page
lourde et toute noircie.
Le Connétable resta tout songeur sans raison
apparente
sans même percevoir un spectre à six mains,
dans chaque main tenant ci une torche, là une
vouivre, ci une clé, là une brosse,
ci un fouet, là une dague.
Ses pensées s’arrêtèrent (bizarrement)
un instant à la belladone
et il s’évertuait à retrouver les
noms de cette herbe
qui aiguillonne la vie, qui peut tuer d’un seul
coup.
- La guigne – de la côte ! s’exclama
triomphant le Connétable
après avoir légèrement hésité.
Il y aurait aussi la Belle dame…
Et l’herbe empoisonnée.
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