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IOAN FLORA

Est né le 20 décembre 1950 à Satul Nou dans le Banat Serbe. Ecole primaire dans son village natal, lycée à Varsetz. Etudes supérieures à l’Université de Bucarest. Diplômé de la faculté des lettres. Enseigne ensuite la langue roumaine au Lycée d’Economie de Alibunar. A partir de 1977, rédacteur à l’hebdomadaire Libertatea et à la revue Lumina, puis, à partir de 1991-1993 rédacteur en chef de l’Edition Libertatea à Pancevo/Novi Sad. En 1993 il s’établit à Bucarest avec sa famille.
Membre de l’Union des Ecrivains de Roumanie, de l’Association des Ecrivains Professionnels de Roumanie (ASPRO), du PEN-Club roumain et de l’Association des écrivains de Serbie.
Au cours des deux dernières décennies il a collaboré aux plus importantes revues de Roumanie et de Yougoslavie, ainsi qu’à toute une série de publications en Allemagne, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Turquie, Russie, Belgique, France et Suède.
Volumes de vers: Valsuri ( valses), 1970; Iedera ( le Lierre), 1975; Fise poetice ( Fiches poétiques), 1977 ( prix Struga, Macédoine); Terapia muncii ( la Thérapie du travail), 1981; Fiches poétiques (anthologie), 1982; Starea de fapt ( Etat de Choses), 1984,1986; O bufnita tânara pe patul mortii ( Une jeune chouette sur son lit de mort), 1988, 1998 ( Prix Nolit, Belgrad, Serbie); Memoria asasina ( La mémoire assassine), anthologie, 1989 ( Prix des Ecrivains de Voïvodine); Talpile violete ( Semelles violettes), 1990,1998, Poeme (Poèmes), anthologie,1993; Discurs asupra strutocamilei ( Discours sur le chameuatruche),1995,1998(prix de l’Association des Ecrivains de Bucarest et prix de l’Union des Ecrivains de Moldavie); Cincizeci de romane si alte utopii/ Fifty Novels and Other Utopias (Cinquante romans et autres utopies), anthologie, 1996; Iepurele suedez ( Le lièvre suédois), 1997,1998 ( Prix de l’Union des Ecrivains et prix ASPRO).
Volumes de poésie traduits en langue serbe, macédonienne, slovaque, magyare, anglaise et francaise.






MEDEEA SI MASINILE EI DE RAZBOI
 

Iarba – jumatate om

Comandantul Bataliei statea la masa acoperita de mape, cupe, misive,
pene de scris, calimari, harti înfatisând cetatile Baradulim si Gel Grando,
Ahandin, Zorio, Zorzanelo si altele, o multime, pâna la Burgas
si Pera si Chonstantinopoli;
statea cufundat si rasfoia, la întâmplare, capitole dintr-un
manuscris masiv, caligrafiat în scriere de tip gotic textualis,
dar nu parea sa-l preocupe nici continutul, nici imaginile anexa.
Si ottusi, starui vadit aspra partii vorbind de câini
“zdraveni si fiorosi, crescuti anume pentru a fi feroce si muscatori”,
(per ipsum designum demonstratur)
înfatisati în veste din piele de magar sau de bivol, purtatori de foc
în cupe de arama, si mai ales despre calaretul încoltit zbatându-se
în capcana armurii de otel, care încearca sa lupte
cu himere de aer latrator, dar se dezechilibreaza si cade
neputincios la pamânt.
- E oarecum straniu, îsi spuse Comandantul Bataliei, totul e reprezentat aici
de parca am lupta (si muri) într-un desert perfect :
nu tu case în jur, nici picior de cort, nici copac, nici râu.
Doar prezumtivul urlet al câinilor de luna, sfârtecând foaia
Innegrita si grea.

Comandantul Bataliei cazu pe gânduri, chiar daca nu i se paru nimic.
Chiar daca nu i se nazari nici o naluca, având sase mâini
si-n fiecare mâna câte o torta, o napârca, o cheie, o perie,
nici bici, un pumnal.
Gândul i se opri (inexplicabil) pentru o clipa pe beladona
Si se cazni sa-si reaminteasca cum i se mai spune buruienii
ce poate moltiplica viata, care ucide pe loc.
- Cireasa – lupului! Exclama triumfator, dupa o secunda de ezitare,
Comandantul Bataliei.

Ar mai fi si Doamna-codrului…
Si Iarba-jumatate om.


MÉDÉE ET SES MACHINES DE GUERRE


Traduit du roumain par Marily Le Nir


L’Herbe Empoisonnée


Le Connétable trônait à la table jonchée de documents, de coupes, de missives, de plumes, d’encriers, de cartes où figuraient les forteresses de Baradulim et Bel Grando, d’Ahandin, Zorio, Zorzanelo et bien d’autres jusqu’à Burgas
et Pera et Kônstantinoupolis ;
il était là, absorbé, il feuilletait au hasard les chapitres d’un pesant manuscrit calligraphié en caractères gotic textualis,
mais rien ne semblait retenir son attention,
ni le texte, ni les illustrations.
Et pourtant il s’attarda ostensiblement sur la partie parlant des chiens
« robustes et féroces, élevés exprès pour être sanguinaires et agressifs »
(per ipsum designum demonstratur)
représentés en gilets de peau d’âne ou de buffle,et portant sur leut tête le feu dans des coupes d’airain
et surtout celle où l’on parlait du cavalier cerné de toutes parts, se débattant
dans le piège de son armure d’acier, essayant de combattre
ces chimères aboyantes, mais perdant l’équilibre et tombant
à terre, impuissant.
- Comme c’est étrange – se dit le Connétable, tout est représenté ici
comme si nous nous battions (et que nous mourions) dans un désert absolu :
nulle ombre de maison à la ronde, nulle trace de tente, d’un arbre, d’un ruisseau.
C’est tout juste si l’on présume les chiens aboyant à la lune, hurlement déchiquetant la page
lourde et toute noircie.
Le Connétable resta tout songeur sans raison apparente
sans même percevoir un spectre à six mains,
dans chaque main tenant ci une torche, là une vouivre, ci une clé, là une brosse,
ci un fouet, là une dague.
Ses pensées s’arrêtèrent (bizarrement) un instant à la belladone
et il s’évertuait à retrouver les noms de cette herbe
qui aiguillonne la vie, qui peut tuer d’un seul coup.
- La guigne – de la côte ! s’exclama triomphant le Connétable
après avoir légèrement hésité.

Il y aurait aussi la Belle dame…
Et l’herbe empoisonnée.


 
 
 
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A CURA DELLA COMMISSIONE NAZIONALE ITALIANA PER L'UNESCO
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